Un coin en passant

Petit clin d’œil en passant. Le canard finit ses brèves, hagard, sur-caféïné et sur-nicotiné (je sais c’est mal), en overdose d’informations et en manque de sommeil. Il ne ressemble plus qu’à une vieille chouette, oiseau de nuit et solitaire ;) Dur dur les week-ends de Brève lorsqu’il s’agit de rattraper la course à l’information de la semaine. Ils sont nombreux les copains à veiller, surfer et chasser sur leurs temps de repos et à ressembler à des des teufeurs de boites de nuit belges après 72h de marathon-dancing alcoolisé et vitaminé.

Ce petit clin d’œil donc en passant est l’occasion d’évoquer trois petites choses: cette illustration de veille chouette ou de vieil hibou (au choix suivant chacun) qui me plaît bien -il faut reconnaître- et que je trouve étrange et percutante. Et puis, il faut avouer que je ressemble quasi à ça en fin de week-end ^^ ; le site qui m’a permis de la trouver et qui devrait ravir quelques-uns, ce dernier centralisant des fonds d’écran de toutes sortes de toute beauté – je l’ai découvert via Korben qui l’utilise parfois pour illustrer ses billets ; et enfin un bouquin que j’essaie de prendre le temps de lire en ce moment que j’ai vu mentionné par hasard (Par Fabrice Epelboin (@epelboin) me semble-t-il sur un article de reflets, mais je ne l’ai pas retrouvé) au cours de mes lectures sur le Net.

«Tout le monde connaît l’histoire de ce soldat japonais retrouvé dans un coin reculé de la jungle asiatique des dizaines d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui avait continué le combat malgré tout. Par un concours de circonstances, il avait été oublié là, tout seul (…) En tout cas, le temps passa et personne ne lui apprit que son pays était à nouveau en paix : dans sa tête, la guerre faisait encore rage.»

«Nous n’avons aucune raison de nous moquer de ce soldat déboussolé. Il s’est trompé, comme nous bien souvent. Il n’a pas reçu les bonnes informations, cela nous arrive aussi. Nous sommes tous victimes, à un moment ou un autre de notre existence, de perceptions qui nous trompent sur ce qui se passe réellement par-delà la toute petite partie du monde dont nous pouvons faire directement l’expérience. Et cela ne nous empêche pas d’avoir des opinions -ou d’être forcés d’en avoir- sur tout et n’importe quoi, même si les sujets sont beaucoup trop complexes et difficiles à comprendre pour notre connaissance beaucoup trop simple et sommaire. La majeure partie de ce que nous pensons connaître est ainsi : nous croyons savoir (…) S’informer, c’est tenter de synchroniser ce qui se passe sous notre crâne et la réalité du monde extérieur. »

Extrait des deux premières pages Les Netocrates de Alexander Bard et Jan Söderqvist, aux Editions Léo Scheer.

J’ai à peine entamé le bouquin, je ne sais pas ce que cela donnera, mais c’est appétissant, malgré sa relative ancienneté (paru en 2000, traduit et paru en France en 2008) il ne semble pas avoir perdu de sa pertinence.Affaire à suivre.

Au delà, je crois que nous ne sommes pas tous égaux face au temps, aux moyens, aux connaissances. Outre le devoir de s’informer qui relève de chacun suivant ses sensibilités, il est du devoir de chacun d’informer ses proches. De la pédagogie à l’accès et à la compréhension de l’information, comprendre les enjeux à défaut parfois d’en comprendre les mécanismes. Tout ça me paraît important. Se contenter d’un 13h de Pernaut et du quotidien local est une malhonnêteté intellectuelle, à défaut une paresse intellectuelle condamnable si vous trouvez le terme de malhonnête trop fort. Tout le monde a ses limites, moi le premier, et je ne remercierai jamais assez ceux qui partagent avec les ignorants (ils se reconnaîtront ;))

Le canard avait à l’époque une grand-mère qui avait beaucoup voyagé et qui avait coutume de dire que pour ressentir une région qu’on ne connaît pas il suffit de parcourir son canard local et d’en observer la structure et la hiérarchie. Lorsque l’actualité nationale et internationale est en avant-dernière page, après le sport, le programme télé et avant la météo, il y a comme un souci d’empathie et de curiosité de la part des lecteurs, puisque ce sont d’eux que dépendent la pérénnité et la ligne éditoriale du journal ; ce dernier ne servant principalement que ce qui intéresse son lecteur. Cela est d’autant plus vrai à hauteur des journaux régionaux et locaux, qui n’ont pas vocation à éclairer et éduquer, mais juste à informer factuellement. J’ai eu l’occasion de bouger un petit peu, en France et ailleurs, et ce conseil m’a toujours semblé avisé. Regardez la feuille de chou de votre région sous cet angle et dites moi ce que vous en pensez ;)

Une petite édition pour rajouter une mention. Bien que la plupart d’entre nous ne nous connaissons pas physiquement (pour ceux que je cotoie ici et ailleurs sur les réseaux), nous ne devrions pas pour autant parler de relation virtuelle, mais plutôt de relation numérique. Mon empathie et mon souci du bien être des uns et des autres que j’ai rencontré et à qui je me suis attaché sont réels, tout autant que le sont sans aucun doute les vôtres. Tout cela n’a rien de virtuel. Numérique je veux bien, mais pas virtuel.

Ceux qui ont habitude d’opposer les réseaux (forcément virtuels) à la vie (communément appelée IRL) sont des dinosaures qui n’ont rien compris. Je pense à quelques Psy et sociologues à la mode qui sont en train je crois de rater un phénomène civilisationnel. Les relations numériques sont toutes aussi réelles que les relations physiques, leur réalité n’est pas moindre, et le bonheur, joies et peines qu’elles apportent ne sont aucunement virtuelles. Lorsque les plus vieux (de demain) seront des gamins d’aujourd’hui nés dans les réseaux, je suis certain qu’il nous apparaîtra complétement décalé d’avoir évoqué la « virtualité » des relations numériques.

Bonne semaine, et prenez soin de vous et de vos proches, la vie est trop courte.

Edition

L’auteur de cette magnifique image est un certain Nikolay Popov, alias tooDee, de nationalité russe : Galerie devianART tooDee, Galerie CGPortfolio tooDee, Profil CGHUB tooDee. Merci Beetlejuice de l’info. :) Je n’ai pas trouvé de site ou blog personnel de l’auteur.

Publié par

Gof

Canard boiteux numérique ; juste intéressé, juste passionné.

5 réflexions au sujet de « Un coin en passant »

  1. Merci du commentaire :)

    J’ignore qui en est l’auteur et s’il dispose d’un blog/site. Je n’ai pas vraiment cherché à partir de la signature du dessin.

  2. La grand mère du canard était de bien bons conseils :). Et, effectivement les relations créées via le net peuvent être autant sincères que celles créées ailleurs.

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