RSS où es-tu ?

rssRhaa. Régulièrement, au cours de mes lectures hasardeuses, de liens en liens, tombant sur un article, un billet, une humeur qui ont retenu mon attention, je désire en suivre les publications en m’abonnant au flux RSS de la plateforme. Bien souvent je ne la trouve pas ou plus. Et cela m’agace et me fait couiner.

Le site les Infostratèges avait réalisé une introduction au RSS, «définitions et historique», dans une publication synthétique intéressante, en y décrivant les différentes versions et oppositions. Je vous propose de la redécouvrir.

 

A qui s’adresserait aujourd’hui un flux RSS ?

Mon sentiment se portera d’abord sur certains professionnels de l’information, puis sur des passionnés réalisant des veilles thématiques. Son absence sur une plateforme signifie donc que ce lectorat n’est pas celui visé. Et cela veut tout dire.

Qu’un petit blog fait main ne comporte pas de flux RSS peut se concevoir. Mais qu’un blog ‘corporate‘ n’en ait pas, s’agissant généralement d’un CMS standard, son absence traduit une volonté de ne pas le faire apparaître. Je ne compte plus les plateformes de société d’expertise et de sécurité, publiant du Livre Blanc qui n’en a que le nom, et découvrant à l’occasion d’un de mes mails colériques qu’ils n’avaient plus (pas) de flux RSS. «On va réparer m’sieur !» Et ils ne le font jamais, ce n’est pas dans leur intérêt. Je n’évoque pas non plus les sites institutionnels ne proposant même pas de flux.

 

Quel pourrait être l’objet de ne pas en proposer ?

Outre le fait de noyer l’information (je soupçonne cette attitude de certains sites institutionnels, de sorte de ne pas maximiser la visibilité de certaines informations qu’ils sont légalement tenus de communiquer), la finalité me semble être de capter l’auditorium pour le forcer à revenir sur les pages, ou le forcer à s’abonner aux comptes sociaux ou newsletters proposées, ce qui permet de le quantifier, mesurer, et de le prospecter à l’occasion. On en est là me semble-t-il.

Ce type de plateformes ne cherche pas à diffuser leur expertise auprès d’un public qualifié ou curieux, mais à vendre ou propager leur produit/position auprès d’un panel de consommateurs captifs.

Que les grandes plateformes de réseaux sociaux l’aient majoritairement supprimé dans une certaine mesure est révélateur de cet état de fait. Il ne s’agit surtout pas de permettre à l’abonné de suivre son réseau en s’affranchissant de la plateforme, mais au contraire de l’obliger à s’y reconnecter régulièrement à seule fin, à terme, de le monétiser auprès d’annonceurs tiers.

Dernier exemple en date avec un blog suite à leur tweet annonçant la publication de leur rapport. Non seulement le RSS n’est pas activé, mais ils ont le culot de faire comme s’il l’était, se moquant complétement des lecteurs (capture ci-dessous). Circonstance aggravante, un formulaire à remplir pour accéder au document.

blogcrowdstrike

Cela traduit bien l’état d’esprit et la vocation de la plateforme qui est aux antipodes d’une information de qualité. Nous sommes dans le prospectus commercial et idéologique. A fuir sans même en lire le contenu (ou alors en le téléchargeant directement sans s’inscrire, le lien est ).

Il ne tient qu’à chacun de refuser la marchandisation de l’assiduité et de la fidélité en ne jouant pas le jeu qui est imposé. Les informations disséminées par ces plateformes ne sont pas exclusives, on peut les retrouver par ailleurs, sous une autre forme. Il suffit donc d’ignorer les malotrus qui désactivent par stratégie marketing leurs RSS et de leur faire part de votre mécontentement quand l’occasion se présente.

 

Crédit illustration : Nikola Lazarevic.